Communiqué : 6 juin 2002
Jeudi 6 juin : 4ème étape
(Aix-les-Bains/Serre-Chevalier)
Deuxième journée consécutive de conduite en montagne, et donc de prépondérance du pilotage. Si l?exercice demeure délicat, le plaisir a été sans mélange cette fois-ci. La pluie, en effet, a daigné briller par son absence, et cela simplifie grandement les données du problème. Par ailleurs, l?expérience emmagasinée « à la dure » la veille fait que l?on se sent davantage en terrain connu, donc nettement plus en confiance.Les néophytes réalisent un peu mieux chaque jour que le côté délicieusement touristique du Rallye des Princesses ne constitue que l?une des facettes de l?épreuve, et que sous-estimer à l?avance son aspect sportif constitue une grave erreur d?appréciation ! Il faut en permanence anticiper des surprises de tout genre... certaines parfois bien agréables, comme la remise de roses à toutes les concurrentes par la municipalité de Saint Colomban des Villards, lors de la pause-déjeuner à l?Hôtel de la Poste !
Vanina et Larissa Ickx (Porsche 911T speedster 1972 N°10), chez les équipages féminins, et Patricia Bertapelle et Jean-Christophe Marchand (Aston Martin DB4 1961 N°18), pour ce qui concerne les équipages mixtes, prennent peu à peu l?ascendant sur leurs adversaires respectifs. Les deux filles du recordman des victoires au Mans comptent ce jeudi soir 39 points d?avance sur deux autres Belges, Sophie Dekens et Stéphanie Dekelver(Chevrolet Corvette Sting Ray 1965 N°2)... qui leur avaient repris le commandement mercredi soir pour 3 points. Patricia, elle, a creusé l?écart, puisque sa marge est désormais de 45 points (contre 2 la veille) par rapport à ses suivants immédiats, les Suisses Marie-Claude et Charles Firmenich(Porsche Carrera 1973 N°29).
Deux faits d?arme de genres bien différents à porter au crédit des leaders des deux catégories. 3 secondes d?écart seulement par rapport aux temps impartis pour les « Ickx sisters », contre 38 pour les deuxièmes meilleurs performers. Et un chronomètre défaillant remplacé, sur la voiture de Patricia Bertapelle, par un téléphone scotché avec du « double face » sur le moyeu du volant. L?imagination au pouvoir !
Cela dit, il reste une ultime journée avant l?arrivée, parfaitement susceptible de bouleverser ces hiérarchies provisoires. Et ce ne sont pas Nathalie et Philippe Bermudes (Triumph TR6 1974 N°6) qui diront le contraire. En tête des « mixtes » mardi soir, ils ont rétrogradé en troisième position, et peuvent néanmoins s¹estimer heureux. Il aura en effet fallu pratiquement une nuit entière pour réparer leur boîte de vitesses, et ils ont pris le départ ce matin avec une heure de retard.
Difficile cependant d?en vouloir aux glorieuses « anciennes » que sont les voitures de ce rallye pour leurs caprices mécaniques : le poids des ans et des kilomètres se fait inévitablement sentir dans le contexte d?une compétition sportive, et elles exigent les soins constants de professionnels attentifs. Bref, l?assistance ne chôme pas. C?est ainsi qu?il a fallu changer en catastrophe les plaquettes de la Honda S800 1968 N°13 de Nathalie Corbel-Geslin et Aurélie Litzler, privée de freins. Un exercice transformé en un petit exploit, puisque réalisé en 12 minutes « T.T.C. ».
Quant à la Ferrari Dino 1972 N°4, sa batterie refuse obstinément de charger, et Martine Lievens et Jacques Heymans poursuivent un périple en forme d?odyssée en effectuant un roulement régulier entre trois batteries, remises tour à tour en charge.
Pour ce qui concerne le parcours, deux épreuves spéciales ont du être annulées en raison de travaux sur la route. Cela a permis aux « princesses » de moins avoir à se « gérer », et donc de se livrer plus à fond. Les routes plus larges que la veille et le ciel dégagé incitaient au relâchement, sans pour autant permettre de se décontracter, car : « Les virages sont serrés, et le vide n?est jamais très loin, » constatait sobrement l?une des concurrentes, par ailleurs en pâmoison devant le paysage, splendide et varié. L?ascension du col du Galibier 2000m s?est même achevée dans un décor de neige !
Notre ami Yves Gallet, venu couvrir l'événement pour La Vie de l'Auto, a pu figer cet instant "rafraîchissant" sur la pellicule
Dans cet environnement de carte postale, le vin chaud servi au sommet du Col du Télégraphe, dans l?Auberge du même nom, a été particulièrement apprécié.
La soirée au tout nouveau Club Méditerranée de Serre-Chevalier (ouvert tout exprès pour le passage de ce Rallye des Princesses qui y a été accueilli "grandement") a connu deux thèmes impromptus; le dévouement de l?assistance, et la passion sans limites (et surtout sans frontières) d¹un équipage, puisque Wendy Gibbs et Suzann Stephen (Lancia Fulvia HF 1969 N°28) nous sont tout simplement venues d?Australie.
La convivialité chaleureuse reste plus que jamais de mise, mais la compétition reprendra tous ses droits dès ce vendredi matin. On se gardera d?oublier, en effet, que c?est à la fin de cette cinquième journée que sera jugée l?arrivée !



