Une mise en jambe copieusement arrosée puis, après le déjeuner, la neige. Il n’en aura pas fallu plus pour offrir une première étape particulièrement mouvementée à ce 53e Neige & Glace. Largement que quoi alimenter, ce soir, toutes les discussions au comptoir du ‘bar des pilotes’. Le Plateau d’Hostias et les Gorges de l’Albarine annonçaient les premières difficultés de la journée. Sous une pluie battante les quelques soixante concurrents engagés rejoignaient l’auberge d’Esvoges sans trop de difficultés. C’est après le déjeuner, dans les amas de neige humide accumulés dans le col de Cuvillat, que les choses se corsaient. Après le passage des premiers jouant les chasse-neiges, certains bloquèrent le passage, tandis que d’autres visitaient les bas côtés, heureusement sans trop de dommages. C’est cependant dans le désordre, avec un retard de plus d’une heure sur l’horaire établi et sous un ciel gorgé de neige, que le ‘gros’ du peloton rejoignait les rives du Lac du Bourget en début de soirée. Voilà qui laisse augurer quelques sensations fortes pour la 2e étape de demain, véritable juge de paix de cette édition 2007 avec, qui plus est, un bouquet final jugé sur le circuit de glace de Chamrousse…
Bert Dolk, le ‘Flying Dutchman’ !
Profitant d’une météo pluvieuse digne des ‘Polders’ le redoutable Néerlandais Bert Dolk, ancien Champion de rallye de son plat pays dans les années ‘70, avait décidé de couper l’appétit à l’ensemble de la caravane avant même le déjeuner ! Survolant les premiers SR du jour, le ‘Flying Dutchman’ (Ford Escort n°32), navigué par le Belge Robert Rorife a poursuivi l’après-midi sur un bon rythme pour confirmer son rôle parmi les favoris.
22, vlà la GS.
Profitant de sa suspension hydraulique, la Citroën GS n° 22 de Damien et Marie Ancellin a décroché le ‘maillot à poix’ de cette première étape en réussissant la meilleure ascension du col de Cuvillat. Les Champenois, grands spécialistes des ‘bulles’ s’emparent d’ailleurs d’emblée de la tête du classement général au terme du premier jour de course.
Burgo-Frigo, bien chaleureux.
L’entraide n’est pas un vain mot sur le Neige & Glace ! En panne (boîtier électronique) durant plus de deux heures, dimanche à son arrivée à Aix, Alain Lopes (Porsche 911 n°37) a pu compter sur l’aide spontanée de René Burgaud et René Frigo qui offrirent au Belge leur boîtier électronique de rechange… Bien chaleureux, n’est-ce pas Monsieur Lopes ?
L’Austin crève, puis marche !
Mésaventure pour le restaurateur anversois Stéphane Verbeeck et son équipier Gert Beets dit ‘SpykerMan’, victimes d’une crevaison ce matin. Heureusement, l’incident se produisit en liaison ce qui permit à l’Austin Hailey de refaire son retard avant le deuxième SR du jour. L’après-midi, la n°12 s’illustra en étant la seule à franchir sans dommage et… sans pneus cloutés le SR enneigé du Col de Cuvillat
Capricieuse sous cet… Anglia !
Complètement remise à neuf et dotée d’un ‘nouveau’ moteur (qui patienta près de 40 ans au fond d’un garage avant de pousser, ici, ses tout premiers rugissements !) juste avant ce Neige & Glace, la Ford Anglia de 1959 de Christian Becker et Maurice Gierst (n°15) a fait un petit caprice ce matin dans le deuxième SR du jour. Une heure durant, sous une pluie battante, dans les forêts profondes du Plateau d’Hostias, la belle machine refusa obstinément de poursuivre sa route avant de redémarrer de manière tout aussi inattendue, privant l’équipage, complètement rincé, d’un déjeuner savoureux à l’Auberge d’Esvoges… L’équipage bruxellois n’était malheureusement pas au bout de ses peines : quelques kilomètres plus loin, dans le Col de Cuvillat, l’Anglia vert bouteille se fit surprendre par la neige et termina sa course dans le fossé…
Pescarolo comme au Mans ’68.
Privé d’essuie-glaces sur son Alpine turquoise durant cette première matinée copieusement arrosée, Henri Pescarolo aura eu tout le loisir de repenser à son exploit du Mans ’68. L’édition de la grande endurance mancelle, reportée au mois de septembre en raison d’un printemps un peu ‘agité’ sur le front des barricades, avait été marquée par cet extraordinaire exploit. Alors que son équipier voulait abandonner pour une panne d’essuie-glaces sur la Matra, ‘Pesca’ roula toute la nuit sous une pluie battante pour prendre la tête du classement au petit matin, avant d’être malheureusement privé de victoire par une crevaison en vue de l’arrivée…
On termine par Chamrousse !
Les concurrents de ce 53e Neige & Glace, auront droit, ce mardi, au plat de consistance : d’emblée la montée du Col du Revard, pour une traversée des Bauges jusqu’au Col de Marocaz. Ensuite ils attaqueront le Massif des Sept-Laux, par le Col de Champlaurent, Allevard et le Col du Barrioz, qui les mèneront jusqu’à Uriage qui était à l’époque, la plaque tournante du ‘Critérium Neige & Glace. L’après-midi sera consacrée à une boucle descendant vers le sud par le Massif du Trièves et celui de l’Oisans. C’est à travers ces paysages grandioses que les secteurs de régularité ont été tracés sur des routes. Le Col de l’Arzelier, le Col des Deux et le Col de l’Allimas formeront un SR long de 40 km ; puis la remontée vers Chamrousse par le Col de Malissol et le Col de Luitel, devrait permettre à la première voiture de rejoindre le Circuit de glace aux alentours de 17h00 pour l’un des rendez-vous les plus attendus !
ILS ONT DIT
«Nous sommes passés! La voiture avait le ventre sur la neige, mais malgré quelques difficultés nous étions parmi les seuls à avoir atteint le sommet du col de Cuvillat. C’est sans doute ce qui nous vaut notre deuxième place actuelle.»
«Bonne petite journée de mise en jambes. Je mérite la palme pour mon irrégularité ! J’ai pris le maximum de pénalités.»
«Nous avons vécu une journée particulièrement mouvementée. Après une panne inexplicable et… inexpliquée et une heure perdue sous la pluie, la voiture a redémarré après nous avoir fait tout démonter ! L’après-midi, elle a versé dans le fossé au col de Cuvillat. Malheureusement le dépanneur n’a pas accepté de quitter la route pour nous sortir de là. Il faudra y retourner demain matin avec un treuil, voire un tracteur… »
